D’où la nécessité de protéger la ressource,
comme cela a été fait pour le poulpe, autre-
fois menacé de disparition.
Le domaine des énergies renouvelables
fait-t-il partie de ces projets ?
Le Maroc montre la voie dans ce domaine.
En matière d’énergie nous dépendons pour
95% de nos importations. C’est pourquoi nous
espérons atteindre un taux d’énergie renouve-
lable de 42 % en 2020 qui réduira cette dépen-
dance. D’importants chantiers structurants et
des plans directeurs volontaristes ont été mis
en place avec l’objectif d’atteindre, à l’horizon
2020, 2 000 MW de puissance installée dans
chacun des domaines, le solaire, l’éolien et
l’hydraulique. Nous développons également la
recherche dans l’utilisation des énergiesmarines
car, outre le gisement solaire et éolien, nous
possèdons plus de 3 500 kilomètres de côtes.
Nous travaillons pour que, dans quelques an-
nées, leMaroc soit exportateur d’énergie verte.
pas acceptable que ce continent ne puisse
toujours pas assurer son autosuffisance ali-
mentaire étant donnée sa richesse en terres,
en eau... et en phosphates dont le Maroc
détient plus de 75 % des réserves mondiales.
Avec les engrais issus des phosphates, on
peut améliorer considérablement les rende-
ments, sans reproduire les erreurs faites en
Europe. De nombreux pays africains s’y inté-
ressent. Pour promouvoir une agriculture
plus respectueuse des écosystèmes, l’Office
Chérifien des Phosphates travaille sur un
concept de fertilisation raisonnée qui pourra
servir à une réelle révolution verte en Afrique.
Associer le gaz algérien et le phosphate
marocain pourrait faire de notre région un
leader mondial du fertilisant.
Dans le secteur de la pêche, le Maroc a
lancé le programme Halieutis destiné à
mettre en œuvre une exploitation durable
des ressources halieutiques. Ici, la pêche
restait artisanale par rapport aux armadas
européennes et surtout asiatiques, suréquipées,
qui ratissent la Méditerranée au large de la
Mauritanie.
Cette surexploitation a causé la
presque disparition de certaines espèces et
la quasi faillite de filières de la pêche côtière.
C’était catastrophique. Le thon, par exemple
reste un enjeu majeur.
Il y a aujourd’hui une volonté de tripler
le PIB du secteur d’ici 2020, en créant des
villages de petits pêcheurs, en développant
l’aquaculture et la transformation, afin de
conquérir de nouveauxmarchés en Amérique
du Nord et au Moyen Orient par exemple.
Nous parlons d’énergie durable pas seu-
lement du fait de leur faible niveau d’émission
de CO
2
mais aussi parce que nous pensons à
l’intégration industrielle et à l’aménagement
du territoire avec un volet d’accompagne-
ment pour les régions les plus isolées où il y a
peu d’activités. Il ne faut pas oublier l’effica-
cité énergétique : alors, évitons de gaspiller.
Le message est plus facile à faire passer chez
nous que dans les pays riches en gaz et en
pétrole comme l’Algérie, mais plus on avan-
cera dans l’intégration maghrébine plus nous
aurons de force pour répondre aux enjeux du
développement durable et créer toujours plus
de ressources pour tout le monde.
Cela demande une expertise en matière
de hautes technologies et, là aussi, nous
souhaitons nous positionner comme une
plate forme régionale. Dans le spatial par
exemple. Depuis une dizaine d’années nous
utilisons des données spatiales dans le sec-
teur de l’eau et des mines. Pour implanter
des hydroliennes, nous avons besoin de me-
surer des courants marins avec des données
altimétriques fournies par des satellites eu-
ropéens comme ENVISAT et JASON. En ma-
tière de contrôle de la pêche, les applications
satellitaires sont également très utiles.
Nous souhaitons développer la coopéra-
tion dans ces domaines au niveau régional. Il
faut un nouveau mode de partenariat entre le
Nord et le Sud. Le monde change, en particu-
lier dans les pays arabes. Il y a de l’expertise au
Sud et il faut en tenir compte, mais il faudra
encore beaucoup de formation.
c
Carte de températures de l’océan Atlantique( fin juin 2010) issue du modèle océanique Mercator Océan au 1/36 degré. La connaissance de l’état physique de l’océan,
en surface et profondeur (état des courants, température,..) est importante pour l’installation d’hydroliennes.
©Mercator Océan/MyOcean/CNES Production: Mira Productions.
Centrale solaire au Sahara.
© Droits réservés
Hydrolienne à quatre turbines semi-
submersible TidalStream SST. Vue d’artiste
© TidalStream
7°C 15°C 23°C
Enjeux - 29